La Presse parle de Sancho Pança

 

 

Geneviève Rozental ne cesse de nous étonner. Cette metteure en scène et directrice (d’un tout petit théâtre situé dans le 15e arrondissement - Théâtre Aire Falguière) continue, avec énergie et foi, à porter de jeunes auteurs sur la scène. Mais peu subventionnée, peu aidée, la difficulté à tenir ce théâtre debout est souvent monstre. Et pourtant ! D’année en année, elle arbore fièrement de jeunes créations. En ce moment, un spectacle très "quichottesque", "Sancho Pança", traduit et adapté par Melle Rozental elle-même.

 

Cette ancienne agrégée d’espagnol s’est lancée dans le travail titanesque d’adapter librement le personnage de Sancho Pança d’après l’œuvre de Cervantès, Don Quichotte. Voici comment elle explique dans sa note d’intention ce choix :

"Don Quichotte a inspiré de nombreux spectacles, dans lesquels Sancho joue un rôle secondaire et généralement stéréotypé : le gros gourmand, terre à terre, qui s’oppose à l’idéaliste fou, le rustre qui s’oppose au chevalier. Or, si l’on lit intégralement le chef d’œuvre de Cervantes, on ne tarde pas à s’apercevoir de la complexité du personnage de Sancho. J’ai souhaité braquer mon projecteur sur lui.
Mon point de départ a été la rencontre des deux héros avec un couple de grands d’Espagne qui vont s’amuser à leurs dépens parce qu’ayant lu la première partie du roman, ils identifient aussitôt Don Quichotte et Sancho et connaissent leurs points faibles.
Répondant aux questions de la duchesse, Sancho va évoquer en flash-back des dialogues et des situations vécues avec son maître. Il va se voir offrir le gouvernement de l’île dont il rêvait et révélera toute l’étendue de sa sagesse, mais aussi son grain de folie, qu’il partage avec son maître.
Trois comédiens permettront de poser les personnages de Sancho, Don Quichotte et la duchesse, ainsi que de mettre en scène l’écuyer devenu gouverneur face à quelques comparses qui vont le mettre à l’épreuve."

Non seulement le travail réalisé a tout notre intérêt, mais y aller c’est aussi soutenir un théâtre qui a bien du mérite.

 

http://www.larevueduspectacle.fr/22-03-au-28-04-2013-Theatre-Aire-Falguiere-Paris-Sancho-Panca_a874.html

Sancho Pança : destin héroïque de l’écuyer au théâtre Aire Falguière

Qui du chevalier ou de son écuyer était le véritable héros ? En adaptant Don Quichotte de Cervantes, le théâtre Aire Falguière cherche à comprendre la psychologie de Sancho Pança, un personnage naïf et attachant.

Sancho Pança a choisi de suivre son maître coûte que coûte avec comme seul salaire la promesse lointaine d’un royaume à lui tout seul. Cette fidélité sans failles et sa naïveté affichée cachent une grande lucidité, car Sancho Pança a l’intelligence du cœur.

Jeux d’artifices

 En se concentrant sur Sancho Pança, la pièce essaye de raconter ce personnage dans toute sa complexité. Dans une mise en scène semblable à un interrogatoire, le récit dévoile la nature de l’écuyer par ses actes et par ses choix, le petit homme en sort chaque fois grandi. Le théâtre Aire Falguière joue de sa modestie et de son manque de moyens. Ainsi les comédiens mélangent-ils la scène et les coulisses comme pour montrer que les artifices n’engagent que ceux qui y croient. Un chapeau et la paysanne devient dame de biens ; une fourchette dans la main et voici un guerrier prêt à partir au combat. Les spectateurs se laissent bien volontiers berner, victimes complices d’une mise en scène pleine de clins d’œil.

Pour quel public ? Sancho Pança emporte par sa sympathie, par celle communicative de ses comédiens, l’adhésion de toute la famille. Cette pièce semble faite pour être un bon premier pas de spectateur, petit ou grand, dans le monde du théâtre.

 

http://www.autourdemontparnasse.fr/2013/04/02/sancho-panca-destin-heroique-de-lecuyer-au-theatre-aire-falguiere/

 

THEATRAUTEURS

 

 

"Voulant sans nul doute réparer une injustice, Geneviève Rozental s'est intéressée plus précisément au personnage de Sancho Pança plutôt qu'à son illustre maître et en a fait la vedette de l'histoire. Car enfin, que serait Don Juan sans Sganarelle, Laurel sans Hardy, Astérix sans Obélix et même Zorro sans le sergent Garcia ? 

Les " faire valoir " sont souvent aussi intéressants que les personnages mis en pleine lumière et sans eux du reste, peut-être que les dimensions des élus en seraient amoindries.  Enfin ! nous pouvons tout à loisir apprécier les qualités de cet écuyer gourmand et  quelque peu paresseux mais d'une fidélité à toute épreuve.

L'un ne pouvant exister sans l'autre, les voici donc, caracolant en notre direction, l'un fringuant et l'autre certes un peu poussif, en attendant que la duchesse fasse du serviteur un gouverneur au bon sens évident.

Les trois interprètes s'amusent comme des fous ! 

- Don Quichotte dont le cerveau avait des fuites apparaît la tête ceinte d'un casque aéré, pourvu d'un armement culinaire ce qui permettra sans doute à des esprits facétieux de dire que cette fois, il s'attaque aux moulins à café.( What else ? ...) 

- Sancho, à la panse omniprésente, au sourire jovial même quand il dort en digérant fera donc la navette entre cette gente dame qu'est la généreuse duchesse (accessoirement conteuse) et le preux chevalier dont il est question.

Certes, mieux vaut connaître l'histoire initiale pour apprécier cette aimable transcription or c'était visiblement le cas, puisque la salle s'esclaffait à intervalles réguliers.

La fable à valeur de parodie bon enfant devrait permettre à des familles de s'égayer tout à loisir. Par conséquent, allez y nombreux ! "

 

Simone Alexandre

 

http://www.theatrauteurs.com/archive/2013/04/09/sancho-panca-d-apres-don-quichotte.html

En allant voir Sancho Pança hier soir, je ne m'attendais pas à découvrir un personnage, que je croyais connaître à travers le célèbre roman de Cervantès, aussi  attachant, émouvant, tendre, avec tout son bon sens paysan.

On a l'habitude de le considérer comme le bon écuyer du chevalier à la triste figure, essayant de raisonner son maître quand celui ci part dans ses délires, mais c'est plus que cela, et c'est ce qu'a très bien réussi à faire passer Geneviève Rozental en adaptant certaines parties du roman « Don Quichotte », et en axant l'histoire sur Sancho, plus que sur le chevalier errant.

Bravo pour ce montage bien réalisé et sur une mise en scène simple, sobre, mais suffisante pour nous entraîner dans les folles aventures du chevalier et de son fidèle écuyer et ami Sancho.

Saluons aussi les trois comédiens qui avec beaucoup de talent interprètent plusieurs personnages, et à Sébastien Faglain qui campe un Sancho plus vrai que nature, plein de  bonhomie, touchant, émouvant, empli de sagesse, naïf par moment.

Ce spectacle se joue jusqu'au 15 décembre, n'hésitez pas, allez découvrir ou redécouvrir ces sympathiques personnages de Cervantès.

 

Robert Aburbe

 

http://www.regarts.org/Theatre/sancho-panca.htm

 

 

 

 

 

Par Florence Gopikian Yeremian 

 

"Et si vous revisitiez vos classiques dans une toute petite salle de théâtre ? Se déployant sur une scène miniature et quatre longues banquettes de velours rouge, l’Aire Falguière a choisi de mettre en scène le chef d’œuvre de Cervantès. Le parti pris de la Directrice, Geneviève Rozental, est intéressant : elle attribue le premier rôle de la pièce non pas au noble Don Quichotte mais à son écuyer ! Caché derrière son gros ventre et sa gouaille amusante, c’est donc Sancho Pança qui va nous narrer les aventures rocambolesques qu’il a vécues sur les terres de la Mancha.
Face à lui, l’oreille tendue, une belle duchesse (Marion Amiaud) aux souliers de satin l’écoute tout en endossant le rôle de sa locutrice. Un livre sur les genoux, elle trône plaisamment sur sa chaise en découvrant toute une palette d’exploits imaginaires réalisés par deux compères n’ayant jamais réussi à gagner une seule bataille.
A la fois drôle et moraliste, la mise en scène de ce roman épique est servie par des acteurs cocasses. Sylvestre Bourdeau incarne un Don Quichotte des plus burlesques : la moustache haute, l’œil aux aguets et la cuisse velue, il éperonne fièrement Rossinante et personnifie à ravir le chevalier fou. Son accoutrement est d’ailleurs en adéquation totale avec ses hallucinations : une passoire en guise de casque, un couvercle pour parer les attaques et une fourchette bien piquante pour remplacer son épée ! (...)"

La suite de l'article : http://www.bscnews.fr/201311123254/Paris-Show/saviez-vous-que-sancho-panca-etait-philosophe.html